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photo Rosalie Cerro
Plus tard, cette journée-là, nous prenons la chaloupe et passons des
heures sur l'eau. Ramer est un exercice excellent (et exigeant,
sollicitant des muscles que j'utilise peu dans ma vie de tous les
jours - quelques-unes se surprennent le lendemain de se sentir "raquée" dans les épaules et les bras... !).
Et
puis, nous oublions tout le reste et, en silence, chacune prend le
temps de "simply being and letting be" - tout simplement être (là) et
présente à la vie autour de nous et en nous. Quand nous avons trop
chaud, nous sautons dans l'eau. Quand nous avons assez nagé, nous
retournons dans la chaloupe et laissons le soleil nous sécher. Nous
laissons le vent jouer dans nos cheveux, écoutons son murmure dans les
vieux pins, les pruches et les cèdres au bord du lac. Nous entendons
les cris des geais bleus, des huards et des jaseurs boréals. Un grand
pic arrive et tambourine sur un tronc d'arbre mort. Et un tas de
petites créatures qui vivent dans et sur l'eau attirent notre
attention.
deux guêpes sur l'eau l'une s'échappe, l'autre appartient au poisson
chatouille une chenille verte contourne un pied nu
photo Rosalie Cerro
la chaloupe dérive
apportée par le vent
une libellule morte
patineuses les grandes pourchassent les petites
***
C'est
bien beau, tout ça, mais à un moment donné, il faut bien rentrer "à la
maison" et manger un morceau. Mais ces heures sur le lac sont tellement
délicieuses que nous remettons ça et, en fin d'après-midi, y retournons
(avec une bouteille de vin blanc et des verres...) pour passer un 5 à 7
exquis. J'ai tout juste le temps de me plaindre qu'il ne se passe pas
grand'chose, à cette heure sur le lac, que déjà, comme sur commande, il
y a de l'action : d'abord, à peine avons-nous atteint la rive opposé du
lac, nous apercevons, pas loin de nous, toute la petite famille huard :
les deux parents avec deux oisillons, encore très petits ! Je n'ai
jamais vu des bébés huards ailleurs que sur dans des livres.... Puis,
un des deux parents plonge et.... surgit, tellement près de notre
chaloupe que nous en avons le souffle coupé. Rosie, avec sa
super-caméra et son super-zoom, arrive à en faire une super-photo - et
moi, même avec mon appareil pas mal moins sophistiqué, je réussis à le
prendre alors qu'il se trémousse (pour nous impressionner ? nous saluer
? nous indiquer : jusqu'ici, mais pas plus loin ? Encore une fois, je
regrette d'en savoir si peu sur cet oiseau extraordinaire).
Quelle
expérience ! Mais le lac n'a pas encore fini de nous émerveiller : à
peine la famille huard s'est-elle éloignée, que Danielle pointe le
ciel, toute excitée : et là, incroyable mais vrai, au-dessus de nous,
plane un aigle - un aigle à tête blanche !
Il est suffisamment bas pour qu'on voie clairement la couleur de sa
tête qui permet de l'identifier sans erreur. Danielle nous explique que
cet oiseau est très rare et que nous avons une chance inouïe de le voir
- et contrairement aux huards, il ne reste pas près de nous très
longtemps. Il monte dans le ciel, de plus en plus haut, pour finalement
disparaître au-delà de la montagne.
Et pour finir, Danielle repère deux martins-pêcheurs,
perchés sur une branche basse d'un tuya au bord de l'eau. Leur présence
indique que "notre" lac est poissonneux et que son eau est d'excellente
qualité...
Notre bouteille est vide, tous les oiseaux ont
disparu et lentement, le soleil décline. Du côté du chalet, le lac est
déjà à l'ombre. Si nous voulons y arriver avant que les moustiques s'y
donnent rendez-vous et nous mangent tout rond, il faut prendre le
chemin de retour. Mais de notre côté, il y a encore assez de soleil
pour m'éblouir lorsque j'observe les gouttelettes qui se glissent de la
rame pour retomber dans l'eau.

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| | Posted 8/12/2007 3:58 PM - 20 views - 0 comments
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